La passion de Jésus vécue par Marie

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La Passion de Jésus
La Très Sainte Vierge Marie à Sainte Brigitte
tiré de Précieux Recueils, Sursum Corda, Ponthaud, Imprimerie-Librairie Don-Bosco, 1950

Une mère serait très cruellement troublée si elle voyait mettre à mort son fils ; j’étais de la sorte en la Passion de mon Fils. O ma fille ! bien que je vous parle à vous seule, j’entends pourtant par vous tous les hommes qui suivent la foi sainte. O ma fille ! Voici quelles choses mon cher Fils a souffertes pour vous : Le temps de ce combat si fort et si dur, où avec de grandes douleurs et peines il a racheté les âmes étant venu, mon Fils pleurait et la sueur de sang coulait de son corps, tant son Humanité était consumée de la crainte naturelle qu’elle souffrait… Ses ennemis s’emparèrent de Lui, le frappèrent sur les joues et s’en moquèrent. Il fut lié, souffleté ; on lui cracha au visage.

Ayant été conduit vers la colonne, mon Fils se dépouilla Lui-même de ses habits et approcha de la colonne ses mains que ses ennemis lièrent sans miséricorde. N’ayant plus rien pour se couvrir, il endurait la honte et la nudité. Je vis son corps sacré, fouetté, ensanglanté. Quand on retirait les fouets, on sillonnait et déchirait sa chair ; il a été fouetté jusqu’au dedans. L’homme a manqué malicieusement en tous ses membres, mon Fils bien- aimé a satisfait en tous les siens.

Le sang coulait à flots ; sa chair sacrée volait en lambeaux de telle sorte que ses côtes paraissaient. Il n’y avait plus en Lui que blessures, contusions, plaies enflammées qui n’ont point été pansées et qu’on n’a pas adoucies avec l’huile. Tous ceux qui étaient dans le sein d’Abraham eussent mieux aimé être éternellement en enfer que de voir une si horrible peine en leur Seigneur.

Quelqu’un dit alors avec émotion:  » Eh quoi! Le ferez-vous, mourir sans être jugé ?  » Et il coupa les liens qui l’attachaient à la colonne. Mon Fils voulut reprendre ses vêtements, mais ses ennemis ne souffraient pas qu’Il s’habillât ; ils le poussaient et le forçaient d’avancer. Il put enfin se couvrir, et avec sa tunique essuya ses yeux et son visage qui étaient tout ruisselants de sang. Je vis alors la place où étaient ses pieds pleine de sang et de vestiges de mon Fils. Partout où il passa, la terre se teignait de son sang.

Quand, en le frappant durement à la tête, on le couronna d’épines, ces épines longues, solides, perçantes comme des dards se frayèrent un chemin dans la tête sacrée de mon Fils. Invention inouïe ! Supplice horrible ! Horrible souffrance ! Tout son corps tremblait à cause de la douleur immense ! Considérez quel était mon tourment. Ah ! Certes, personne ne peut le comprendre, car les membres de mon Fils furent presque mes membres, son Cœur fut presque mon cœur. Et quand il souffrait j’en ressentais les tortures ; quand il fut frappé, flagellé, mon Cœur l’était aussi ; des torrents de larmes coulaient de mes yeux et mon corps séchait de douleur.

Mon Fils s’en allant au lieu de sa mort, chargé de la Croix, les uns le frappaient au cou, les autres au visage, il fut si fortement battu que j’entendais les coups. Quel œil pourrait contempler les violences qu’il subit, les soufflets, les crachats, les cheveux arrachés ? Pensez toujours à sa miséricorde, à son amour qui l’a fait endurer tant de supplices, à sa douceur enchanteresse qui ne Lui a procuré à Lui, que les amertumes de la plus horrible mort. Et j’ose dire que sa douleur était ma douleur. Mon cher Fils et moi, avons racheté le monde comme par un cœur.

Les bourreaux durs et cruels le prirent et l’étendirent sur la Croix. Ses mains adorables subirent les premières l’affreuse torture. Quel supplice, quand les clous pénétraient dans la partie où l’os était plus solide et plus fort ! Quel tourment à chaque coup de marteau !… Sa chair fut emportée par les clous jusque dans le bois de la Croix. Ces clous étaient très gros, carrés et si mal battus qu’ils présentaient sur toutes leurs faces mille petits éclats qui le déchirèrent avec des souffrances épouvantables. Une douleur au-dessus de toute douleur résultat de la forme de ces clous qui passèrent outre la Croix.

Quand ses pieds et ses mains n’eussent pas été cloués au bois, la Passion eût encore été effroyable ; mais les clous eux-mêmes n’ont pas satisfait les bourreaux. Ils tirèrent ses pieds avec une telle violence qu’ils brisèrent ses nerfs et disloquèrent son corps en le tendant horriblement. Les plaies de ses mains sur lesquelles se portait tout l’effort s’élargissaient, sa tête était dans un buisson d’épines, et l’on pouvait compter ses os selon l’effroyable prophétie : « Ils ont percé mes pieds et mes mains, ils ont compté tous mes os. »

Je vis mon très cher Fils misérablement pendu à la Croix, sur laquelle il s’efforçait quelquefois de s’étendre à cause de l’excès de la douleur. Toutes les veines, les, nerfs, les muscles étaient tendus et rompus. Le poids entraînant le corps, il était suspendu par les mains et par les pieds pour que la dureté des clous fût sentie plus cruellement, pour que la mort fût parfaite en tortures. Sa chair a été serrée comme en un pressoir.

Et étant ainsi empourpré de sang et ainsi percé, j’entendais crier qu’il était un larron, un menteur, qu’il n’y avait pas d’homme plus digne de la mort que Lui. Ces outrages étaient plus humiliants pour mon Fils et cause de la réputation que ses vertus et ses miracles lui avaient acquise. La foule irritée d’avoir été abusée par un imposteur ainsi que le proclamaient ses ennemis, lut adressait mille injures et malédictions qui renouvelaient grandement sa douleur.

Ses yeux étaient demi-morts, sa bouche sanglante, sa Face anéantie, meurtrie. Et me voyant pleurant sans consolation ainsi que ses amis, mon Fils s’écria d’une voix pleine de larmes : « Mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et quand moi, sa Mère, j’entendis ces paroles, tous mes membres frémirent avec une douleur poignante et trop amère à mon cœur ; et tant que je vécus, je ne pus jamais oublier ; il me semblait les entendre encore et toujours.

Mon Fils demeurant de la sorte, déchiré et livide, seul son Cœur était vivant. La vie combattait avec la mort dans un corps déchiré. Quand, par un martyre trop amer, la douleur montait des membres et des nerfs percés au Cœur, ce cœur éprouvait d’incroyables souffrances. Et quand la douleur descendait du Cœur dans les membres en lambeaux, alors il prolongeait sa mort avec amertume. Mais à la fin, son Cœur se fendit sous l’intolérable douleur.

Un soldat vint enfoncer sa lance dans le côté de mon Fils bien-aimé, si avant qu’elle sortait presque de l’autre côté. Alors, voyant le Cœur de mon cher Fils percé, il me sembla que le mien l’était aussi. On le descendit de la Croix, et je le reçus sur mes genoux tout livide et meurtri ! Ses yeux morts étaient pleins de sang, sa barbe comme une corde, sa face contractée. Je vis les membres disloqués, le brisement intérieur qu’avait produit l’horrible tiraillement du corps. Cette dislocation des membres, cette inhumaine tension des nerfs, cet allongement contre nature qu’avaient fait les déicides, me percèrent le cœur d’un trait plus douloureux encore que la vue des plaies ouvertes.

Mon Fils était sur mes genoux comme il avait été sur la Croix, raidi en tous ses membres. Je lavai ses plaies cruelles. Je lui fermai les yeux et la bouche restés ouverts à sa mort. Enfin, on le mit dans le tombeau. Oh! Que volontiers je me fusse ensevelie vivante avec Lui si telle eût été sa volonté ! Je puis dire que deux cœurs furent dans un sépulcre.
0 ma fille ! J’ai porté un poids écrasant de douleur et des tribulations si cuisantes que jamais créature ne le saurait comprendre. Mes épreuves ont égalé la grandeur des grâces que Dieu a mises en moi.

Je regarde tous ceux qui sont dans le monde pour voir s’il y en a qui considèrent mes douleurs si amères qu’elles n’ont point d’égales… et j’en trouve bien peu. Vous, ma fille, ne les oubliez pas, voyez mes peines, mes larmes, et souvenez-vous de la Passion de mon très cher Fils. Que cette douleur ne se retire jamais de votre cœur.

Posté le 27 jan 2007 | Tags : , , |

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